Wall painting, El-Ataya harbor, Kerkennah islands, Tunisia 300 x 250 cm | Photographic triptych, 350 x 165 cm, 2017.
Matza Kerkennah residency

Since 2013 in the gulf of Gabès of Tunisia, and a bit later on the Kerkennah islands, the fishermen started to bring up an unusual blue crab from their nets. Bigger and more aggressive than the usual crab, the newcomer migrates in Mediterranean sea since the end of the XIXe. Without any predators, the crab became, in a few years, a true ecological and economical disaster. By destroying nets and mutilating shrimps and school of fishes this new evil weaken the fish economy, witch is already damaged by overfishing and climate changes. In Tunisia this blue crab is called like another serious threat for the country, Daesh.
By painting this crab at El-Etaya harbor, Kerkennah, Tunisia, in a similar way of other fish paintings that we can see on the harbor, Maxime Bondu anticipate a future state of the island. An island forced to respond to its environment and combative. Behind this gesture there is also a view on the religious and economic issues that the post-revolution Tunisia has to deal with.

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Dès 2013 dans le golf de Gabès en Tunisie, puis peu après sur les iles de Kerkennah, les pécheurs commencèrent à remonter des filets un crabe bleu inhabituel. Plus gros et plus agressif que son homologue déjà installé, ce crabe aurait suivi un parcours migratoire en méditerranée depuis la fin du XIXe. Sans prédateur sur les côtes tunisiennes, il est devenu en quelques années un véritable désastre écologique et économique, ravageant les filets, mutilant crevettes et bancs de poissons. Nouveau fléau pour la fragile économie de la pèche, déjà affaiblie par l’appauvrissement des richesses de la mer — du à la surpêche et aux changements climatiques — ce crabe s’est rapidement vu attribué le nom d’une autre menace que subi le pays, Daesh.
En peignant ce crabe sur le port d’El-Ataya, Kerkennah, à la manière d’autres peintures de rougets ou de seiches déjà présentes, Maxime Bondu préfigure un état futur de l’île — contrainte de s’adapter et combative— et met en filigrane l’accent sur les grands enjeux religieux et économique que la Tunisie post-révolution s’est promis de résoudre.