Drawing scale 1 of the giant squid observed by Tsunemi Kubodera, Loligo vulgaris specimen in handmade glass bottle, dark jacket wearing a silver pin’s and notepad page from a description in Kraken by China Mieville, religious water color.

We often assume (by belief or superstition) that legendary beings might have special powers and intentions, as well as a project for humanity and the world. The Architeuthis is thus at the centre of ‘Kraken’ by China Miéville, a si-fi novel published in 2010, in which it has a status of divinity. In an end of the world atmosphere, people are united around the belief that binds them and because of which they oppose.
This novel echoes the recent scientific discoveries in this field. In 2004, Tsunemi Kubodera and Kyoichi Mori (respectively zoologist and whale watcher) published in the Royal Society ‘The First-ever observations of a live giant squid in the wild’, where they relate the observation of a giant squid in its natural environment, 900 meters deep, by a remote controlled robot. In 2011, one year after the publication of the novel, professor Kubodera finally manages to observe the animal with his own eyes for several minutes. The encounter took place at 600 meters deep, after a long and costly expedition, and after a hunt for more than 400 hours; near Chichi Island in the Ogasawara archipelago, east of Japan, the beast appears shorn of its two long tentacles and would by deduction measure between 7 and 8 meters long.
Images then observed embody this animal which was before mostly a fantasy, and bring it into a tangible reality. They also make visible the usually blind spaces that are the underwater abysses, which coexist alongside the real world as impenetrable layers of the subconscious […]

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Aux êtres de légende, on attribue souvent, par croyance ou par superstition, des pouvoirs, des desseins, un projet vis-à-vis des hommes et du monde. L’architeuthis est ainsi au cœur de ‘Kraken’ de China Miéville, un roman de science fiction publié en 2010, dans lequel il a un statut de divinité. Dans une atmosphère de fin du monde, des hommes s’unissent autour de cette croyance qui les lie et à cause de laquelle ils s’opposent.
Ce roman fait étrangement écho aux récentes avancées de la science dans ce domaine. En 2004, Tsunemi Kubodera et Kyoichi Mori (respectivement zoologiste et spécialiste des baleines) publient à la Royal Society ‘The First-ever observations of a live giant squid in the wild’, où ils rendent compte de l’observation par un robot contrôlé à distance d’un calmar géant dans son milieu naturel, à 900 mètres de profondeur. Un an après la parution du roman, en 2011, le professeur Kubodera parvient enfin à observer l’animal de ses yeux, pendant plusieurs minutes. La rencontre a lieu à 600 mètres de profondeur, au terme d’une longue et coûteuse expédition, et après une traque de plus de 400 heures ; près de l’île Chichi dans l’archipel d’Ogasawara à l’est du Japon, la bête apparaît amputée de ses deux longs tentacules et mesurerait d’après déduction entre 7 et 8 mètres de long.
Les images observées alors donnent corps à cet animal jusque là largement fantasmé, et l’inscrivent dans une réalité tangible. Elles rendent également visibles des espaces habituellement aveugles, les abysses sous-marines, qui coexistent avec le monde réel comme des couches impénétrables de subconscient […]

Isaline Vuille