Installation, 220e model of the turkish village where a Kestrel taken as spy were captured, Engraving of 7067 bird rings on aluminium plates, collage of a falcon staring at the village, print of the replica of the ring wore by the bird the day of its capture.

In the summer of 2013, a kestrel was spotted by the inhabitants of Altinayva, a Turkish village in the province of Elazig, while it was hovering. Having caught it, the villagers discovered on its leg a ring on which they could read the following: 24311 TEL AVIVUNIA ISRAEL. Although bird-ringing rules are not uniform throughout the world, it is quite unusual for the place of origin to be so precisely mentioned. In no time suspected of being a spy working for Mossad, the Israeli secret service, the animal was handed over to the local authorities who carried out various examinations, and X-rayed the bird, before admitting that it was not carrying any information devices. They duly let it go. Based as much on the animal’s movements as on the origin of the ring, that suspicion was aired in a tense regional context where any event, no matter how insignificant, can be interpreted in a meaningful if not paranoid way. Perhaps the birds’ freedom of movement, established as it was in a territory encompassing several countries and cocking a snook at borders helped to make it suspect. Based on this news item, Maxime Bondu creates what we might call fiction, or rather a possible historical prospect. Taking the kestrel’s ring number as a reference, he speculates about the contingent espionage potential by way of engraved aluminum plaques as if ready for use for ringing, and whose numbers extend the source reference. And paranoia works its way into the installation: seen from above, isn’t the oddly insignificant Turkish village a theatre of future military operations? And what is the falcon perched on the branch, apparently indifferent, waiting for? What it is watching? As often in Maxime Bondu’s work, the installation functions in a network of interferences like an extension of reality, an almost logical prolongation, but one that diverges slightly, creating a place where, in the discrepancy, fiction makes it possible to look at reality with a keener eye.

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A l’été 2013, un faucon crécerelle est aperçu par les habitants d’Altinayva, village turc de la province d’Elazig, tandis qu’il effectue un vol stationnaire. L’ayant capturé, les villageois découvrent à sa patte une bague de marquage où ils peuvent lire l’inscription suivante : 24311 TEL AVIVUNIA ISRAEL.  Bien que le baguage d’oiseaux ne soit pas normé à travers le monde, il est assez inhabituel que la ville de provenance soit mentionnée si précisement. Rapidement soupçonné d’être un espion à la solde du Mossad, services secrets israéliens, l’animal est livré aux autorités locales qui procèdent à divers examens, le passent aux rayons X, avant d’admettre qu’il ne porte pas sur lui de dispositifs de renseignements et de lui permettre de reprendre son vol. Basé tant sur les mouvements de l’animal que sur la provenance de la bague, ce soupçon jaillit dans un contexte régional tendu où tout événement même anodin peut être interprété de manière signifiante sinon paranoïaque. Peut-être que la liberté de mouvement de l’oiseau, établi sur un territoire englobant plusieurs pays et faisant fi des frontières, contribue à faire de lui un élément suspect. A partir de ce fait divers, Maxime Bondu génère ce que l’on pourrait qualifier de fiction, ou plutôt une perspective de l’histoire possible. Considérant le numéro de marquage du faucon comme un matricule, il spécule sur le potentiel contingent d’espions par le biais de plaques d’aluminium gravées comme prêtes à l’emploi pour le baguage et dont les numéros prolongent le matricule source. Et la paranoïa s’insinue dans l’installation : le village turc vu du dessus, étrangement insignifiant, ne serait-il pas le théâtre de futures opérations militaires ? Comme souvent dans le travail de Maxime Bondu, l’installation fonctionne dans un réseau d’interférences comme une extension de la réalité, un prolongement presque logique mais légèrement divergent, créant un lieu où la fiction permet, dans le décalage, de regarder la réalité avec plus d’acuité.

Bénédicte Le Pimpec & Isaline Vuille

Photo © Raphaelle Mueller